Centres auto et réparation rapide

Créés dans les années 70, les réseaux de centres auto et de centres de réparation rapide ont connu un essor rapide et un développement important au cours des années 80 et 90. Après cette période de déploiement interne des réseaux, qui a procédé par une multiplication du nombre de centres, les réseaux sont entrés dans une phase de concentration. A partir des années 90, les rachats d’enseignes se sont succédés. Cette « course » à la croissance a duré près de 10 ans et a contribué à faire émerger trois grands groupes : Norauto, Feu Vert et Speedy parmi la quinzaine de réseaux qui avaient vu le jour au cours des années 80.
Ces sociétés, organisées à partir d’un modèle économique et social emprunté à la grande distribution, tentent actuellement de faire évoluer leur « business model » : d’un modèle « politique de prix bas » vers un modèle « politique de services » en diversifiant leurs activités et la gamme de leur prestation, mais aussi en s’appuyant sur l’évolution des compétences de leurs salariés.
Ce secteur rassemble une hétérogénéité de profils professionnels : de la TPE indépendante ou franchisée, qui représente 88% des entreprises, à la très grande entreprise couvrant un large territoire national.
Parmi les TPE, plusieurs profils peuvent se rencontrer :
des entreprises indépendantes qui peuvent être des magasins de pièces pour l’automobile, pour le poids lourd ou pour la moto, mais aussi des démolisseurs-recycleurs ou des pneumaticiens spécialisés dans le VP ou le VI.
des franchises de marques qui sont le plus souvent des centres auto disposant d’une enseigne (Feu Vert, Maxauto, Roady, Speedy…). Ces points de vente sont des entreprises juridiquement indépendantes qui exercent leur activité dans le cadre d’un dispositif contractuel spécifique avec l’enseigne mais la gestion économique et sociale (y compris RH et formation) se fait au niveau de l’entreprise.
A l’autre extrémité de l’échelle, il existe au sein de ce secteur de très grandes entreprises dont les sept plus grosses en termes de chiffre d’affaires (soit près de 2 milliards d’euros) emploient la moitié des salariés du secteur.
Parmi les sept plus grosses entreprises, nous dénombrons :
Les centres auto
Créés à l’origine autour d’un magasin de pièces, les centres auto ont peu à peu déployé leurs gammes de produits (pneumatiques, audio/video, tuning, équipements de loisirs,…) et ont proposé une gamme à leur marque.
Parallèlement, les magasins ont développé une partie « atelier » pour proposer le montage et l’installation des pièces vendues. De plus, leur offre de service continue de s’étendre car si les activités principales touchent d’abord l’entretien (vidange, pneumatique, échappement, freinage,…), ces ateliers proposent aussi des prestations de mécanique (courroie, embrayage) ou électronique (climatisation, diagnostic,…).
Les centres de réparation rapide
A l’origine monoactivité (remplacement de pot d’échappement), ces enseignes ont peu à peu diversifié leur offre de service dûe à la baisse de l’activité échappement puis amortisseurs et plus généralement face à l’accroissement de la fiabilité des équipements en première monte. La stratégie de diversification s’est accélérée sous l’effet de la pression concurrentielle des réseaux constructeurs avec le développement des concepts de réparation rapide (ex : Renault Minute) ou multimarques (ex : Motrio ou Eurorepar). La diversification continue sur des prestations de mécanique et d’électronique.
Les pneumaticiens
Le marché du pneumatique diffère de celui des autres équipements en raison du poids du marché de la rechange.
En unités, près de 2/3 des pneumatiques vendus correspondent à des produits de remplacement (source : SNCP). Cette proportion est supérieure en VU et en VI (80%) alors que pour les autres équipements automobiles, l’activité est réalisée à plus de 90% en première monte. Les fabricants de pneumatiques sont fortement présents sur le marché de la rechange au travers de filiales et d’enseignes spécialisées. La baisse de l'activité pneumatique (baisse de la vitesse) et le développement de la concurrence (développement des réseaux/ vente par internet) ont conduit les pneumaticiens vers des services d’entretien et de réparation automobile, voire de poids lourd.
Les specialistes du vitrage
Le marché du vitrage était traditionnellement une activité des carrossiers, mais dans les années 90 des réseaux de spécialistes ont été créés.
Carglass, leader du marché, a développé un nouveau concept commercial basé sur le service à domicile s’appuyant sur une campagne de communication offensive. Cette enseigne couvre désormais une part significative du marché (30%). Si les services carrosserie des concessions ont pu résister à cette concurrence (ils détiennent encore 40% du marché), les carrossiers indépendants, quant à eux, n’y ont pas réussi.
Ces organisations correspondent à un modèle économique emprunté à la grande distribution.
L'entreprise principale est centrale d'achat, centrale de référencement et fournisseur pour l'ensemble de ses établissements. Par cette centralisation des achats, l’entreprise pratique une politique de « bas coûts » : en négociant des volumes d’affaires importants avec les fournisseurs, l’entreprise propose aux consommateurs des prix attractifs, en particulier par rapport aux commerçants et artisans traditionnels.
Le modèle économique de la grande distribution emprunté par les centres auto s’appuie sur trois piliers : marge avant (à la revente du produit), marge arrière (budget reversé par les fournisseurs en fonction du volume d’achat) et gestion de flux financiers (le client paie immédiatement alors que le fournisseur est payé sous délai).
Ces acteurs détiennent 27% du marché de l'après-vente
(source : Gipa)
Une part de marché qui augmente avec l’âge des véhicules. Les véhicules de moins de 2 ans sont entretenus à 82% par les entreprises des réseaux constructeurs (concessions et agences). Après la période de garantie et surtout partir de 7 ans, le propriétaire se détourne des entreprises des réseaux constructeurs pour se réorienter vers les MRA et les centres auto. C’est donc sur cette tranche d’âge et au-delà que la concurrence est exacerbée.
Ils sont leader sur le marché du pneumatique (59%) et celui de la vidange (34%) (source : Gipa)
En revanche, ils sont peu positionnés sur le marché de la révision (11%). Celle-ci, préconisée par le constructeur, est la première cause d’entrées dans les ateliers (22% des entrées).
Les centres auto, appuyés par la nouvelle réglementation européenne, commencent à concurrencer les entreprises des réseaux constructeurs pour se positionner sur le marché des véhicules récents en faisant valoir auprès des automobilistes leur droit et leur compétence à procéder aux révisions des véhicules y compris pendant la période de garantie.