Commerce et réparation de motocycles

Le secteur du commerce et de la réparation du deux-roues motorisé, motocycle et scooter (CRM), vit actuellement une mutation importante sous l’effet de l’évolution du marché qui voit se développer le scooter et la moto de petite cylindrée, de la croissance des immatriculations, et de la politique des constructeurs qui influe sur l’organisation des entreprises. Confronté à un marché qui se transforme et des produits qui évoluent, le secteur du CRM vit actuellement un moment charnière de son développement qui interroge à la fois les organisations du travail et les compétences au sein des entreprises.
Depuis une dizaine d’années, le secteur de la moto enregistre des indicateurs économiques très favorables qui ne cessent de progresser. Le premier indicateur de cette embellie est la forte croissance du nombre d’entreprises.
Evolution du nombre d'entreprises du commerce et de la réparation de motocycles

Les entreprises du CRM sont dans leur grande majorité de très petites entreprises (TPE) comptant en moyenne 2,7 salariés. 37% de ces entreprises sont constituées d’artisans-commerçants, travaillant seuls, sans salariés et 44,4% emploient entre 1 et 4 salariés.
Il a été multiplié par deux depuis le début des années 80
Le parc des deux-roues motorisés est estimé à 3,6 millions de véhicules dont près de la moitié de motos. Ce parc évolue quantitativement par une forte progression des ventes mais aussi qualitativement par l’émergence et le développement de nouveaux marchés, en particulier du scooter et de la moto légère.
Cette orientation du marché est la conséquence de nouveaux comportements de mobilité. L’accroissement de la circulation, en particulier dans les grandes villes et l’augmentation du prix des carburants, tendent à faire évoluer les comportements des usagers de la route qui utilisent le deux-roues motorisé comme une alternative à l’automobile : plus rapide et plus économique, la moto légère séduit beaucoup d’automobilistes circulant dans les grands centres urbains. La réglementation, qui depuis 1996 permet l’équivalence des permis A et B, a constitué un accélérateur important de ces nouvelles pratiques.

Le marché évolue sous l’effet de la progression des ventes de scooters 125 et de motos légères. Une enquête réalisée auprès des conducteurs de deux-roues permet de mieux caractériser les différences de comportements d’achats entre d’une part le motard qui achète une moto « par passion» et le conducteur de scooter 125 qui évoque comme principale raison d’achat le fait de « fuir les embouteillages ». Cette enquête dresse un portrait-robot du conducteur de scooter : c’est un homme (à 86 %) de 46 ans en moyenne ; il est également automobiliste (92% d’entre eux) et il conduit un 125 cm3. C’est souvent un cadre moyen (23 % contre 15 % chez les automobilistes) qui utilise son scooter pour se rendre au travail (72 % des scooters sont principalement utilisés pour ce type de trajet).
Désormais, un conducteur sur deux a plus de 40 ans : le scooter n’est plus réservé aux juniors. La frontière se trouve de plus en plus marquée entre la « moto passion » et le « deux-roues utilitaire » puisque le coeur de marché est désormais constitué d’une population moins passionnée et moins spécialisée que le motard traditionnel des années 70-80. Si ce dernier mettait plutôt en avant une relation « affective » avec le véhicule et le réparateur, le « nouveau motard » quitte ce domaine pour s’orienter vers des notions plus utilitaires. Le « motard urbain » est plus aisé et donc en attente forte sur la qualité du service, tant au niveau de la relation avec le vendeur, que de la qualité esthétique et organisationnelle de la structure de vente.
Une évolution du marché qui induit de nouveaux comportements

D’un point de vue technologique, la moto et le scooter ont évolué sous l’effet des nouvelles attentes des consommateurs en matière de motorisation, de sécurité et d’équipements de confort (ABS, anti-patinage des roues, multiplication des témoins d’alerte de sécurité), et de respect de l’environnement faisant écho à la réglementation européenne en matière de norme anti-pollution (injection, moteur à 4 temps, pot catalytique).
L’amélioration de la sécurité constitue une attente forte de la part des utilisateurs et probablement davantage encore de la part des « nouveaux » utilisateurs qui perçoivent leurs véhicules principalement comme un moyen de locomotion et donc envers lequel, ils ont des attentes en matière de confort (aide à la navigation), d’équipements d’aide à la conduite mais aussi en matière d’écologie. La technologie du deux-roues motorisé bénéficie aussi des transferts croissants de systèmes complexes issus de l’automobile. La durée du transfert est généralement de 10 à 12 ans. Le transfert de technologie s’accompagne du transfert d’expériences que ce soit au niveau des équipementiers (fiabilisation des équipements) ou des assistances techniques des constructeurs (meilleure compréhension des phénomènes et des dysfonctionnements). Dans l’ensemble et pour la grande majorité des professionnels rencontrés, l’évolution technologique ne paraît pas insurmontable. Les professionnels semblent y faire face sans grandes difficultés.