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Écoles de conduite


 

Le secteur de l’enseignement de la conduite est actuellement marqué par de multiples facteurs d’évolution :

  • le développement de nouveaux marchés, accompagné par une concentration des entreprises,
  • l’évolution du comportement des conducteurs face au risque,
  • la prise en compte des enjeux environnementaux et le développement de l’éco-conduite,
  • la volonté politique du Gouvernement de répondre à ces évolutions, ainsi qu’aux problématiques de sécurité routière, par le biais d’une réforme du permis de conduire.

 

Dans ce contexte, de nouveaux besoins en compétences émergent pour les enseignants de la conduite : une modification de leur filière de formation semble nécessaire afin de leur permettre de s’adapter aux évolutions du métier.


Les entreprises du secteur

Ce secteur se caractérise par une forte concentration de ses entreprises qui s’est opérée conjointement à une croissance de l’emploi. En effet, sur les dix dernières années, le nombre d’entreprises a diminué de 16 % alors que le nombre de salariés a augmenté de 43 %.

Traditionnellement composé de très petites entreprises (TPE), le secteur de la formation à la conduite se caractérise par une croissance des plus grandes entreprises. Si la part des entreprises de moins de 10 salariés demeure prépondérante (96,1 %), il convient de relever la forte évolution des entreprises de plus de 10 salariés dont la part a été multipliée par trois entre 1998 et 2008 (de 1,2 % à 3,9 %). En outre, la taille moyenne des entreprises du secteur est passée de 1,56 à 2,57 salariés sur cette même période.

Ainsi, le nombre de petites entreprises (moins de 5 salariés) diminue chaque année au profit du nombre d’entreprises de plus de 5 salariés qui augmente. Deux phénomènes expliquent cet accroissement de la taille des entreprises :

- le rachat de petites structures par des entreprises plus grandes : la cession des petites entreprises est due notamment aux difficultés économiques de ces structures, ainsi qu’aux départs à la retraite des exploitants,

- la diversification des activités : à coté des activités classiques d’enseignement de la conduite, les entreprises proposent des prestations de sensibilisation à la sécurité routière ou de perfectionnement de la conduite.

Le panel d’activités s’étend également vers la formation professionnelle (transports, avec les formations FIMO ou FCOS et les titres professionnels, conduite d’engins avec les CACES, logistique voire travaux publics).

Un regroupement en réseau favorable à l’accroissement de la taille des entreprises

Dans le secteur de l’enseignement à la conduite, deux formes de regroupement coexistent : les réseaux de franchises (City’zen…) et les réseaux associatifs (ECF, CER…). La nécessaire information concernant les spécificités juridiques et réglementaires, ainsi que le coût de l’investissement (achat d’équipements spécifiques, assurances…) constitue l’un des éléments favorables au développement de ce mode d’organisation, qui permet en outre aux entreprises de réaliser des économies d’échelle dans les domaines concernés. Par ailleurs, au sein des réseaux, sont identifiées des personnes référentes sur certains domaines (gestion d’entreprise, formation auprès de publics spécifiques), sources de conseil pour les exploitants dans le développement d’une nouvelle activité ou la gestion quotidienne de leur entreprise.

L'évolution du métier

Une évolution des métiers sous l’effet de plusieurs facteurs :

  • L’augmentation de la taille des entreprises décrite précédemment, entraîne le développement des fonctions intermédiaires d’encadrement, ainsi que des fonctions administratives et commerciales au sein des entreprises.
  • L’exigence croissante des clients quant au coût et à l’efficacité de la formation (nombre d’heures pour obtenir le permis de conduire), entraîne une pression sur les écoles de conduite, à laquelle s’ajoute l’accroissement des délais de passage de l’examen.
  • L’évolution du comportement des conducteurs, notamment des jeunes, en matière de prise de risque (vitesse, alcool, produits stupéfiants) amène les écoles de conduite à jouer un rôle de plus en plus important dans la sensibilisation à la sécurité routière.
  • Une prise de conscience collective des enjeux environnementaux, ainsi que l’avancement de la législation dans ce domaine entraînent une nouvelle orientation des métiers de l’enseignement de la conduite.
  • La réglementation implique notamment le développement du continuum éducatif 

 

Le BEPECASER, diplôme des enseignants de la conduite

Le BEPECASER, Brevet pour l’Exercice de la Profession d’Enseignant de la Conduite Automobile et de la Sécurité Routière, est un diplôme homologué de niveau IV délivré par le MEEDAT. L’exercice de cette profession est également subordonné à l’obtention d’une autorisation préfectorale d’enseigner.

Il peut être complété par deux mentions spécifiques : deux roues ou groupe lourd (transport de marchandises et transport en commun de personnes). En 2007, le secteur de l’enseignement de la conduite dénombre 149 centres de formation au BEPECASER (source : Bilan DSCR 2007). Il s’agit de centres privés, à l’exception de quelques GRETA. Ils doivent faire l’objet d’un agrément par la préfecture du département du lieu d’exploitation, valable 5 ans avec procédure de renouvellement. Une même personne peut exploiter plusieurs établissements, chacun faisant l’objet d’un agrément.

L’examen du BEPECASER est constitué de deux épreuves : les épreuves d’admissibilité et les épreuves d’admission, dont les taux de réussite pour l’année 2007 sont respectivement de 70,6% et 63,4 %. Par ailleurs, pour chacune de ces étapes, il existe des déperditions de l’ordre de 12% entre l’inscription aux épreuves et la présentation effective des candidats aux examens (Source : Bilan DSCR 2007).

Concernant les Mentions Complémentaires, les taux de réussite sont de l’ordre de 68% pour le « deux roues » et de 65% pour le « groupe lourd ».

En savoir plus

La complexité du parcours de formation, entraîne la perte de nombreux candidats, du fait d’un échec aux épreuves mais aussi d’un abandon en cours de formation. Sur l’année 2007, 3 446 personnes se sont engagées dans le projet BEPECASER, à ceux-ci se sont ajoutées 558 personnes ayant obtenu l’admissibilité l’année précédente, pour un bilan de 1 640 BEPECASER délivrés cette année-là : seulement 40 % des personnes engagées dans cette démarche ont pu aller au bout de leur projet. Au-delà d’une rénovation du contenu de la formation visant une adaptation aux nouveaux besoins en compétences, il convient donc de revoir l’organisation de la formation. Les professionnels rencontrés dans le cadre de cette étude, avaient exprimé la nécessité de faire évoluer cette formation la considérant trop courte et trop théorique et ne permettant pas l’acquisition de compétences professionnelles notamment en termes d’animation de groupe. Ils exprimaient aussi leur besoin de pédagogie et de psychologie pour s’adapter aux différents publics.



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